Captive || Margaret Atwood

Captive, extrait

Identité de l’ouvrage :

  • Auteur : Margaret Atwood
  • Titre original  : Alias Grace
  • Date de parution : 1996
  • Éditions : 10/18
  • Genre : Fiction, roman
  • Personnages principaux : Grace Marks, Dr Simon Jordan, Nancy Montgomery

Résumé de l’œuvre :

1863: Grace Marks, seize ans, est condamnée à la réclusion à perpétuité pour le double meurtre de son jeune employeur et de sa gouvernante. Victime sous emprise ou monstre en jupons ? Face à l’échec des rapports psychiatriques, le Docteur Jordan s’empare du dossier, bien décidé à la sortir de son amnésie. Mais pourquoi lui cache-t-elle les troublants rêves qui hantent ses nuits ? Inspiré d’un sanglant fait divers qui a bouleversé le Canada du XIXe siècle, Margaret Atwood nous offre un roman baroque où le mensonge et la vérité se jouent sans fin du lecteur.

Captive couverture

5 (Très) bonnes raisons de lire Captive :

1. On découvre la condition de la femme du 19eme

Margaret Atwood est une féministe, et sa plume s’en ressent fortement. Et son roman Captive, ni déroge pas. Avec ses mots, elle fait plonger le lecteur dans le Canada du dix-neuvième siècle, au sein d’une société patriarcale où il y a une fragilité du statut de la femme. Elle est à la fois comme un monstre séducteur et  une victime de l’homme. Son personnage  principal, Grace Marks, se retrouve souvent malmenée par les hommes, que ce soit par le personnel de prison qui profite de son autorité pour l’humilier, ou les médecins qui se montrent parfois extrêmement cruels. (Vous verrez, ils sont absolument tous charmants) Si avec la Servante écarlate, Margaret Atwood, parlait déjà du statut de la femme, l’action prenait place dans un futur très dystopique. Avec Captive, l’auteur parle de la femme et de sa place dans la société dans une époque passée.

Captive sur test de Rorschach noir et rouge

2. Le style d’écriture de Margaret Atwood (du pur génie)

Dans Captive, Margaret Atwood utilise plusieurs point de vue, celui de Grace Marks et celui du Dr Simon Jordan. Et l’écriture de l’auteur s’en ressent. Lorsqu’elle écrit du point de vue du médecin, tout est clair, fluide. Presque descriptif. Une narration vraiment limpide et facile à suivre pour le lecteur. Quand il s’agit du personnage de Grace Mark, cette fluidité est nettement moins évidente. L’écriture, la pensée du personnage est extrêmement saccadée et souvent difficile à suivre. Sans réel sens ou logique dans certains cas. Ce qui peut être très perturbant au début, ne sachant pas forcément où l’auteur veut en venir, puis on s’aperçoit rapidement que le personnage de Grace est quelque peu dérangé. Mentalement malade. (Même le Joker fait pâle figure à côté d’elle !) A cela, elle couple son récit à des photographies et autre coupures de journaux, ancrant le récit dans le réel.

Captive sur fond rouge

3. Le personnage de Grace Marks vaut le détour

Captive est un roman inspiré d’un fait divers qui a eu lieu au Canada en 1843 : celui du double meurtre de Nancy Montgomery, la gouvernante, et de Thomas Kinnear, son employeur. Un double meurtre qui à l’époque,  fait couler de l’encre. Cependant le mot de la fin n’est jamais venu. Et le mystère reste entier (Le siècle prochain, il y aura peut être un roman sur l’affaire du Petit Gregory..) Innocente ou meurtrière, le statut de Grace Marks reste indéfini.  Pour créer le roman et le personnage de Grace Marks, l’auteur s’est basée sur des archives. Le roman est extrêmement documenté et donne de la consistance au personnage de Grace. Le lecteur découvre sa vie, par étape avec son enfance en Irlande, sa vie de domestique au Canada chez plusieurs employeurs et sa vie de prisonnière. Elle est intelligente, cultivée et raffinée. Elle charme à la fois le lecteur, tout comme le docteur Jordan. De plus, elle ne cesse de brouiller les pistes, ce qui la rendre intrigante.

Livre avec tasse et clémentines

4. On adore le Dr Jordan

    Dans Captive, le docteur Simon Jordan est un médecin qui s’intéresse de près à la psychée et aux maladies de l’âme. Il va étudier le cas Grace Marks et tenter d’élucider les raisons de son amnésie. Véritable ou simulée. Il tente d’évaluer si cette prisonnière, condamnée à mort, doit-être graciée ou non. Il cherche à comprendre si la jeune femme est saine d’esprit ou complètement folle. (Une mission super sympa !) Et dans l’univers médical qu’a côtoyé la prisonnière, seul le Dr Jordan semble la considérer réellement. Il semble la voir comme une humaine et non comme un monstre comme peuvent le faire sentir ses confrères dans des échanges épistolaires. (Des hommes absolument adorables qui montrent une haute estime de la femme en général ! ) C’est un personnage profondément humain, ce qui le rend particulièrement agréable dans ce roman où, au contraire, les personnages n’attirent pas la sympathie du lecteur.

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5. L’univers de la psychiatrie

    Margaret Atwood plonge le lecteur dans un univers où la psychiatrie est centrale. Dans Captive, avec le docteur Simon Jordan, il y a un désir de la compréhension de la psychée humaine et une analyse médicale et psychologique profonde. C’est ce qui anime le personnage en question. De plus, le roman prend place au dix-neuvième siècle, au balbutiement des recherches sur les maladies mentales. C’est par exemple à cet époque que les recherches sur l’hystérie du Docteur Charcot ont eu lieu. Avec Captive, Margaret Atwood pose la question d’un trouble de la personnalité concernant son personnage principale. Laissant ainsi une question en suspens pour le lecteur, concernant l’existence de son amie Mary Whitney. (Et toi aussi, tu voudras savoir…)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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