Corps et âme || Frank Conroy

Mozart partition

Identité de l’ouvrage

  • Auteur : Frank Conroy
  • Titre original : Body and Soul
  • Date de parution : 1993
  • Edition : Folio/ Gallimard
  • Genre : Roman / Fiction
  • Personnages principaux : Claude Rawlings, Al, Aaron Weisflet, Emma Rawlings…

Résumé de l’oeuvre :

À New York, dans les années quarante, un enfant regarde, à travers les barreaux du soupirail où il est enfermé, les chaussures des passants qui marchent sur le trottoir. Pauvre, sans autre protection que celle d’une mère excentrique, Claude Rawlings semble destiné à demeurer spectateur d’un monde inaccessible.

Mais dans la chambre du fond, enseveli sous une montagne de vieux papiers, se trouve un petit piano désaccordé. En déchiffrant les secrets de son clavier, Claude, comme par magie, va se découvrir lui-même : il est musicien.

Ce livre est l’histoire d’un homme dont la vie est transfigurée par un don. Son voyage, à l’extrémité d’une route jalonnée de mille rencontres, amitiés, amours romantiques, le conduira dans les salons des riches et des puissants, et jusqu’à Carnegie Hall…

La musique, évidemment, est au centre du livre – musique classique, grave et morale, mais aussi le jazz dont le rythme très contemporain fait entendre sa pulsation irrésistible d’un bout à l’autre du roman. Autour d’elle, en une vaste fresque à la Dickens, foisonnante de personnages, Frank Conroy brosse le tableau fascinant, drôle, pittoresque et parfois cruel d’un New York en pleine mutation.

Frank Conroy | Corps et âmes couverture

5 (bonnes) raisons de lire Corps et âme :

1. La qualité de l’écriture (Oui c’est important)

Cette raison peut paraître idiote ou complètement évidente, cependant c’est un point qu’il me semble important de rappeler. L’écrire est un point essentiel pour apprécier un livre. Et Frank Conroy excelle dans cet exercice. Les mots s’enchaînent, coulent sur le papier avec une impressionnante fluidité. (Une véritable rivière de mots). Il n’y a aucune lourdeur, pas de phrase alambiquée. C’est simple. C’est fluide. Et le lecteur peut lire ce roman d’une traite. (Vous resterez scotché dessus, vraiment !) Mais au delà de la belle écriture, Frank Conroy sait choisir les mots justes. Il joue avec les mots et avec les sensations et les sentiments du lecteur. On ne peut rester de marbre devant ce livre, croyez-moi.

2. La passion

C’est le sujet du livre. (Entre autre) Une passion qui sauve un enfant, le fait grandir et évoluer. Une passion qui change le destin du pauvre Claude Rawlings, confiné jusqu’à ses six ans dans l’appartement miteux et en sous-sol de sa mère et qui devient une porte de sortie et un tremplin vers un avenir meilleur. Le prix de sa liberté.

Dans Corps et âme, on ressent, on vie et on accompagne le jeune Claude dans la découverte de sa passion et l’évolution de celle-ci. Frank Conroy réussi à nous animer de ce même sentiment, à nous faire ressentir, si ce n’est vivre par les mots, la vie de Claude. On plonge la tête la première et on s’en imprègne totalement. Et à la fin du livre, tu as du mal à décrocher tel un junki qui veut encore une dose. La passion que Conroy transmet est contagieuse et on ne peut qu’en redemander.

livre ouvert

3. La musique

C’est le sujet principal du roman. La passion de Claude : La musique. Et c’est un sujet d’une extrême rareté. Les romans parlent d’amour, de guerre, de magie, d’histoire… mais de musique, très peu. (Oui Conroy est un cas à part) On suit Claude Rawling qui découvre par hasard la musique en tombant sur un vieux piano désaccordé et là… tout s’enchaîne. Il apprend seul puis avec un mentor jusqu’à devenir un virtuose qui rempli le très célèbre Carnegie Hall. (Et on l’y voit vraiment, on l’entend même jouer) La musique s’entend et surtout s’écoute à travers les mots de Frank Conroy. Les mélodies dont il parle se joue instantanément dans votre tête. (Non vous n’êtes pas fou, promis !)

Frank Conroy renvoie également à pleins de grands musiciens tel que Mozart, Bach, Schubert ou encore Miles Davis (dont les talents ne sont plus à prouver) Démontrant ainsi une impressionnante culture musicale. De plus, le roman se construit sur plusieurs décennies, en commençant par les années 1940 pour finir dans les années 1960. Et tout du long, l’auteur renvoie à des artistes d’époques, des joueurs de blues, de boogie-woogie ainsi que des jazzman, comme Miles Davis, Art tatum ou encore Bill Evans. on assiste à l’évolution de celle-ci au travers de Claude.

Wolfgang Amadeus Mozart portrait

 

4. Claude Rawlings (Personnage attachant)

Claude, c’est le personnage principal du roman. On le découvre enfant âgé de seulement 6 ans. On le suit dans sa découverte de la musique et dans son apprentissage. Il s’avère être un pianiste de talent très rapidement. (Un vrai petit génie !) Il nous fait sillonner les rues du New-York des années 40, à la recherche de magasins de musique et de petits boulots. Claude nous entraîne en Angleterre  au fil de son apprentissage et de ses récitals : où il intègre le London Symphonic Orchestra. (C’est qu’il a du skill le garçon) Claude nous emmène, nous lie à sa passion pour la musique. Il fait réellement vivre au lecteur les exercices techniques et autres gammes. Le lecteur ne peut que ressentir la ténacité du personnage, sa détermination. Il travaille d’arrache-pied et tu ne peux que l’admirer. (Mais vraiment !) Il vit sa musique, ressent l’âme des notes et des mélodies et te les fais ressentir. C’est un personnage entier et totalement dévoué que l’on prend réellement plaisir à suivre. On le suit également dans ses questionnements concernant la société, et le fait de s’intégrer à celle-ci, lui venant d’une basse extraction, venant à côtoyer la haute société jusqu’à s’enticher de Catherine, une jeune fille de bonne famille. (On connaît cette problématique !)

livre ouvert sur table

5. Des personnages touchant

Tout le long de son parcours, Claude côtoie divers personnages, qui l’aideront à évoluer dans le milieu de la musique. Al,un concierge noir, que le jeune Claude rencontrera par hasard et qui lui donnera son tout premier travail, lui permettant de se payer ses cahiers d’exercices pour piano. Il restera aux côtés du jeune homme, le soutenant sans faille. (Une vraie figure paternelle)

Frank Conroy place également sur sa route Aaron Weisflet, le propriétaire d’une boutique d’instrument de musique. C’est lui qui initiera Claude au solfège, il lui offrira également un poste au sein de sa boutique lui permettant de gagner un peu d’argent. (Un vrai samaritain) Il est en quelque sorte, le mentor de Claude

 

 

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