La promesse de l’aube || Romain Gary

extrait La promesse de l'aube de romain Gary

Identité de l’ouvrage :

  • Auteur :Romain Gary
  • Date de publication originale : 1960
  • Édition : Folio
  • Genre : Roman autobiographique
  • Personnages principaux : Romain Kacew, Mina Kacew

Résumé de l’œuvre :

« – Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D’Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es ! Je crois que jamais un fils n’a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là. Mais, alors que j’essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu’elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l’Armée de l’Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j’entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports : – Alors, tu as honte de ta vieille mère? »

La promesse de l'aube avec une rose

5 (Très) bonnes raisons de lire La promesse de l’aube :

 

1. Une déclaration d’amour à sa mère

Mina Kacew, la mère de l’auteur est le sujet central de ce roman autobiographique. Il y exprime d’une manière très forte, l’amour d’une mère à son fils unique et l’amour d’un fils à sa mère. Sans faire jouer pour autant les violon et dégouliner de mièvrerie. Non. Il y montre les rêves d’une mère quant à l’accomplissement de son fils. Elle se sacrifie pour lui offrir un futur resplendissant. Pour en faire, quelqu’un. Un homme. L’homme qu’elle n’a pas à ses côtés et qui est en devenir. Victor Hugo, Guynemer, Gabriele d’Annunzio ou rien !(La madame a de sacrées ambitions, il faut l’avouer) C’est également l’histoire d’un fils qui veut devenir cet homme. Ce grand homme dont rêve sa mère. Qui se soumets à sa volonté. Une mère castratrice, qu’il admire pourtant au plus haut degré. Et il va tout essayer pour y parvenir. Pour tenir sa promesse. Et il finit par y parvenir, ambassadeur et écrivain, rien que ça ! (Il est coriace le petit gars)

Il nous dresse un portrait touchant de cette femme russe et exubérante . A la fois totalement dévouée envers son fils et totalement passionnée, se lançant dans de grand discours patriotiques et idéalistes envers la France. C’est également une femme de caractère, voir grande gueule, qui sait ce qu’elle veut, à la tête un peu dure et débrouillarde avec un grand sens des affaires. Une femme très humaine, avec ses propres faiblesses, ce qui la rend touchante. (Même si elle est du genre un peu castratrice sur les bords !)

La promesse de l'aube, plus appareil photo ancien

2. L’humour de Romain Gary

Romain Gary est un personnage qui ne manque pas d’humour. Et La promesse de l’aube en est une preuve irréfutable. Son roman en est rempli. Sans être lourd. Il y raconte une enfance pauvre à Wilno et à Varsovie, des moments difficiles une fois arrivé en France et étudiant à Paris, si ce n’est en Afrique ou en Angleterre pendant la guerre, une vie assez dure mais supportable grâce à l’humour. Romain Gary ne se prend pas au sérieux. (Vraiment pas!) Il regarde l’enfant et le jeune homme qu’il a été et en plaisante ouvertement. Montre le ridicule de la situation ou l’observe avec un sourire. Et le lecteur sourit et rit à son tour des mésaventures du petit Romain. L’auteur a un humour discret, subtil et élégant. Même s’il se retrouve parfois dans quelques situations burlesques à la limite du vaudeville. (Vous avez dit cœur d’artichaut ?)  Il prend du recul sur les situations, sur les évènements, parfois durs, et sait les raconter avec légèreté. Avec enthousiasme.

La promesse de l'aube avec une tasse

3. La Seconde Guerre Mondiale racontée autrement

On a tous entendu parlé de la Second Guerre Mondiale, Hitler, Pétain, l’armistice, les camps de concentration, Auschwitz, l’appel du 18 juin, Charles de Gaulle et le débarquement. Dans La promesse de l’aube, Romain Gary en parle également. Mais à l’opposé de ton livre d’histoire. Il raconte SA guerre. (Comme ton grand-père pourrait le faire) C’est son expérience, son envie de se battre et de ne pas plier face à l’ennemie. Il mène le lecteur de son école militaire, où il apprends l’aviation, jusqu’en Afrique du Nord et en Angleterre. Le lecteur ressent sa furieuse envie de combattre. D’aller au front. De rejoindre les Charles de Gaulle en Angleterre avec ceux qui refusent de déposer les armes. (Et tu veux partir avec lui) Tu vis avec lui la frustration, la colère de ne pas combattre. De ne pas tenir la promesse faite à sa mère. De ne pas faire honneur à la France. D’être sur le banc de touche, à attendre. (Longtemps, très longtemps) Son envie d’en découdre peut prendre le lecteur aux tripes. Lui faire vivre cette même impatience. Tu découvres l’aviation également, il n’est pas avare en modèle d’avion. Il aime ça, et le lecteur le sait. Il rend, quelque part, hommage à ses camarades, amis, et autres supérieurs hiérarchiques, tombés au combat, ou lors d’entraînement. Romain Gary ne s’attarde pas dessus, mais il les cite, et montre qu’il y pense visiblement souvent, au travers la jeunesse, avec poésie.

Il raconte l’histoire en dehors des sentiers battus. (Et c’est bien plus passionnant que le cours de Mr Dubois, ton prof d’histoire de Seconde)

la promesse de l'aube avec un vieux appareil photo

4. On est dans la tête de l’auteur (Et c’est chouette !)

Romain Gary entrecoupe son récit avec des pensées qu’il a au moment de l’écriture, sur l’instant. Pensées sur la vie, sur la mort, sur le destin et j’en passe. (Des pensées profondes d’un vieux sage).

Il décrit ses ressentis face aux événements, aux paroles de sa mère qui rêve de le voir devenir Victor Hugo, ambassadeur de France ou grand militaire. (Pas grand chose, quoi !) Il y porte un regard nostalgique. L’auteur nous parle du fait d’écrire, on suit le fil de sa pensée, explique pourquoi il s’attarde ou non sur tel ou tel passage de sa vie. Il déroule ainsi une sorte de fil rouge pour le lecteur. Romain Gary commence le récit en expliquant qu’il se trouve sur la plage de Big Sur, dans le sable, et finit le roman en étant au même endroit. Comme si Romain Gary  parlait directement au lecteur, assis lui aussi dans le sable. Il te raconte une histoire, celle de sa mère et lui, et donne du rythme au récit, le rend vivant en y ajoutant des anecdotes qui lui passe par la tête. (Un peu comme si tonton Janot te racontait son enfance autour d’un chocolat chaud et des petits gâteaux)

la promesse de l'aube avec une rose

5. Une autobiographie pas comme les autres

    La promesse de l’aube est quelque part une quête d’identité de la part du narrateur. Une homme qui se cherche. Qui n’a jamais connu son père et qui tente, par tous les moyens, de devenir quelqu’un. Une quête d’identité et une quête envers la promesse fait à sa mère. Après, sa vie n’est pas le sujet central du livre. C’est davantage une autobiographie du sentiment filial. Des sentiments, de la relation entre sa mère et lui. L’autobiographie d’une promesse, la promesse de l’aube qu’il explique dès les premières pages. (Oui, les sentiments aussi ont le droit à leur autobiographie !)

Romain Gary a un regard rétrospectif sur les événements, il teinte son récit avec beaucoup d’autodérision. Il en fait une arme, une aide sans sa vie et visiblement, ici aussi. Il dédramatise les situations et permet d’accrocher le lecteur jusqu’au bout. Car pour le coup, La promesse de l’aube, est une autobiographie dans laquelle on ne s’ennuie pas. (Je vous le promets)

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