La Servante Écarlate || Margaret Atwood

Extrait La Servante Ecarlate

Identité du livre :

  • Auteur : Margaret Atwood
  • Titre original : The Handmaid’s Tale
  • Date de parution originale : 1985
  • Édition : Robert Laffont – Pavillon Poche
  • Genre : Fiction, dystopie
  • Personnages principaux : Defred, Serena Joy, le Commandant Fred Waterford, Nick…

Résumé de l’œuvre :

Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés.

Couverture, la servante écarlate

 

5 (bonnes) raisons de lire La Servante Écarlate :

1. Une dystopie que fait froid dans le dos :

Margaret Atwood place l’action en Amérique du nord, aux États-Unis : pays de liberté, qui devient, suite à une forte baisse de la natalité, un véritable État totalitaire, Gilead, dirigé par des fanatiques religieux suite à un Putsch politique. Ce nouveau gouvernement désir de l’ordre et un retour à la nature, répondre au besoin minimum tout en interdisant le moindre divertissement possible. (Une partie de Scrabble devient illégale…) Et veut un retour de la natalité en se basant sur le récit de Rachel et Léa, de l’Ancien Testament. La société devient parfaitement ordonnée, des castes sont mises en place et chacune à son rôle. Nous avons : Les Commandants qui sont les dirigeants de la République de Gilead. Les Épouses, vêtues de bleu, femmes des commandants, elles dirigent la maison et sont infertiles. Les Marthas, vêtues de vert, elles sont les domestiques de la maison. Les Tantes, vêtues de marron, elles sont les seules à avoir le droit de lire et éduquent les Servantes. Les Servantes, vêtues de rouge, elles sont les seules femmes fertiles et servent à la procréation. (Oui ce sont des utérus sur pattes) Les Econofemmes, vêtues d’une robe blanche avec des bandelettes rouge, vertes et bleues, elles tiennent les trois rôles. La femme du pauvre. Les Antifemmes, femmes rejetées de la société et envoyées dans les colonies pour toutes sortes de prétextes : homosexuelle, Servantes qui ne procréent pas..(Des femmes qu’on exécutent à petit feu) Les hommes, médecins, bouchers… toutes entités masculines qui ne sont pas des Commandants. Les Gardiens, la police de Gilead. Les Yeux, des espions qui savent absolument tout et qui surveillent chaque habitant de Gilead… ils peuvent les châtier en cas de partie de Scrabble illégale. ( Vous avez-je dit que c’était le règne de la terreur ?)

livre, tasse et encens

2. La narration

 Dans la Servante Écarlate, Margaret Atwood nous plonge dans la tête de DeFred. On vit cette dystopie à travers elle, au rythme de la vie de son quartier et de la vie de sa maison. L’auteur nous offre un récit elliptique et laconique. Les scènes passent rapidement. On retourne parfois dans le passé grâce aux souvenirs de DeFred. Le spectateur est maintenu tout du long en haleine. Il est en attente. Dans l’attente d’un sauvetage ou d’un renversement du gouvernement, tout comme DeFred. Vous ne lâcherez pas le livre en espérant de tout cœur que cela arrive. (Oui, croyez-moi, décrocher de ce livre relève de l’impossible) Margaret Atwood utilise des mots symboliques, forts qui font échos dans notre imaginaire. Elle a réussi à rendre sa narration addictive. Tu veux savoir la suite, inlassablement.  Elle accroche le lecteur malgré un univers dur et glauque. Elle crée un suspens qui lui permet de jouer avec le lecteur, tout en finesse. L’histoire est à la fois triste, si ce n’est horrible, mais également extrêmement fascinante.

extrait de la servante écarlate

3. DeFred

C’est le personnage principal du roman de Margaret Atwood, elle est La Servante Écarlate. Du moins une parmi d’autres. Sans identité, elle appartient au Commandant Fred, elle devient “DeFred”. Mais c’est son univers à elle que l’on découvre. C’est à travers son regard que l’on vit l’état totalitaire et fanatique du Gouvernement de Giléad mis en place par les Fils de Jacob. Le lecteur la suit, dans son centre de formation pour devenir une  parfaite poule pondeuse et dans sa “nouvelle famille”. Il la découvre également dans ses souvenirs, à l’aide des flashback, qui ancre cette histoire un peu plus dans le réel. Il suit ses doutes et ses peurs. Ses espoirs, aussi. Notamment avec sa fille qu’elle veut retrouver. DeFred est un personnage auquel le lecteur ne peut que s’attacher. Elle rend le lecteur empathique. (Le contraire serait étrange, très étrange)

Livre la servante écarlate et chat

4. Un récit féministe et actuel

L’auteur positionne le roman comme un récit féministe. Elle s’est inspirée d’horreur qui se sont déjà produite et de choses malheureusement encore existantes. Le sort de la femme, dans La Servante Écarlate n’est pas enviable et fait même froid dans le dos. Peut importe le rôle. Même les Épouses n’ont aucun droit. Ni lire, ni écrire. Juste celui de tenir la maison. Les Marthas ne sont rien de plus que des esclaves bonnes pour faire la cuisine et le ménage et les Servantes, des poules pondeuses, des utérus sur pattes que l’on viole de bon droit, pour la reproduction. On ne remet jamais en cause l’Homme pour la question de l’infertilité (Vraiment, ça fait rêver) La société dans laquelle se retrouvent plongés les personnages du roman est rétrograde. En tant que femme, elle me fait froid dans le dos. Le roman est également très humaniste, car le sort des hommes, ceux qui n’ont pas de pouvoir s’entend, n’est pas forcément enviable. De plus, elle traite également de l’homophobie, de l’écologie et du racisme en arrière plan. (C’est vraiment poignant !)

C’est également un roman très actuel, qui fait gage d’avertissement, notamment dans l’Amérique Trumpiste, qui tient des idées, il faut le dire, rétrogrades et profondément patriarcales. Pour l’anecdote, ce livre est un symbole de la lutte féministe outre-atlantique. Des femmes protestent contre la politique de Trump déguisées en Servantes Écarlates. ( A peine symbolique…) Ce roman est captivant, intelligent et mène le lecteur à réfléchir.

livre et tasse sur une table

5. Un livre très visuel

L’écriture de Margaret Atwood, est laconique. Elle ne s’attarde pas sur les détails comme Zola ou Balzac. Cependant toutes les scènes sont visuelles. On imagine parfaitement l’ambiance austère, dangereuse dans laquelle évolue DeFred. D’une certaine manière on voit à travers ses yeux. Et c’est tout le génie de ce roman. Margaret Atwood nous fait plonger totalement, elle nous happe dans l’histoire de La Servante Écarlate. Le roman est coloré, tel un tableau. Les couleurs ont des codes : le Bleu de la Vierge pour les épouses infertiles et le Rouge de la fertilité pour les Servantes. A cela se mêle, le Vert, le Noir et le Marron. C’est également un livre avec lequel on ressent. On ressent la peur, la douleur, l’angoisse du personnage. On voit et on sent les choses simplement en lisant. (Du génie !) 

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