La vie d’Adèle || Abdellatif Kechiche

Emma et Adèle, La vie d'Adèle, Kechiche

Identité du film

  • Produit par : Abdellatif Kechiche
  • Date de sortie : 9 octobre 2013
  • Genre : Drame, romance
  • Nationalité : Français
  • Distributeur : Wild Bunch distribution
  • Acteurs principaux : Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Salim Kechiouche

Synopsis

À 15 ans, Adèle ne se pose pas de question : une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve…

Mon avis sur cette adaptation

Adèle, la vie d'Adèle, Kechiche

Ce film a été encensé à Cannes en 2013, et je cherche encore à comprendre pourquoi. Cette adaptation est à mon sens beaucoup trop loin de l’œuvre de Julie Maroh avec sa bande dessinée : Le bleu est une couleur chaude.

Premier changement, le personnage principale change de nom et prend celui de l’actrice qui l’interprète. Choix étrange, mais pourquoi pas. Cependant ce qui me dérange davantage dans cette adaptation c’est l’absence de certaines scènes, pourtant clé dans la bande dessinée comme la découverte de l’homosexualité de Clémentine par ses parents et sa mise à la rue par la suite. Ici Kechiche met en scène la présentation d’Emma au parents, comme étant une amie, et puis plus rien. Or c’est un passage extrêmement important dans la construction du personnage. A la place, des scènes sans réel intérêt prennent place durant le film : Adèle dans le bus, Adèle qui mange et cela de manière répétitives. Ainsi que des scènes de sexe. On est à la limite du youporn catégorie lesbienne durant une bonne partie du film. Si Julie Maroh évoque l’amour physique entre Clémentine et Emma, cela reste suggéré. Suggéré et poétique. Dans La vie d’Adèle, Kechiche lui a pris le parti de montrer l’acte en lui-même. Et pas qu’une fois. Que ce soit évoqué, c’est évident, Adèle/ Clémentine se cherche sexuellement. Mais le montrer de nombreuses fois jusqu’à l’overdose ? Non. C’est sans intérêt. De plus, Kechiche semble éprouver une véritable fascination pour Adèle Exarcopolous. Dans La vie d’Adèle, il la film sous tous les angles, tout le temps, en gros plan, occultant parfois le second personnage principal : Emma. C’est à la limite du malsain. Puis, il s’agit d’un film sur l’amour, l’amour entre deux femmes, vue ici d’une point de vue totalement masculin. A côté de la plaque et totalement libidineux.

Emma, La vie d'Adèle, Kechiche

Ce qui m’a perturbé dans le film c’est également la fin qui n’a strictement rien à voir avec la bande dessinée. Ici, il s’agit d’une simple rupture et de chemins qui se séparent. Dans Le bleu est une couleur chaude, il y a une véritable tension dramatique qui se joue et qui est présente tout le long du roman. Le choix de fin pour La vie d’Adèle me paraît trop simple.

De même que la facture sociale entre l’univers de la classe moyenne et l’univers plus bourgeois d’Emma qui est d’un cliché très ennuyeux et malaisant.

Malgré tout, La vie d’Adèle a tout de même quelques points forts dans cette adaptation. Le premier vient du casting, notamment avec Léa Seydoux, qui interprète Emma, notre jolie héroïne aux cheveux bleus. L’actrice a su interpréter une Emma fidèle à la bande dessinée. Pleine de curiosité, de malice, de séduction. Bien que le personnage d’Emma, dans la seconde partie du film devient une artiste égoïste et égocentrée. Ce qui n’est pas le cas, encore une fois, dans la bande dessinée.

Une chose que j’ai également retrouvé dans cette adaptation, c’est le jeu de regards entre Emma et Clémentine / Adèle. Très présent dans la bande dessinée, Abdellatif Kechiche a su le recréer dans son film.

En bref, un film qui veut parler de l’amour lesbien, vu et fantasmé par un homme.

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